Biographie de l’auteur Jean Dagron

Jean Dagron commence son activité professionnelle comme médecin généraliste pendant  douze ans  en grande banlieue parisienne. Son cabinet  est  situé près d’une usine d’amiante ; il s’engage alors  pour la reconnaissance en maladie professionnelle  et réalise, en 1991, une plaquette avec  des dessins de Siné et de Plantu sur ce sujet, Cancers professionnels, une maladie évitable.

Après une rencontre avec  les parents d’un enfant sourd, l’un de ses patients, il entreprend une formation de phoniatre. Pendant dix ans, il poursuit une activité  complémentaire dans le dépistage de la surdité et l’éducation des enfants sourds. Pour approfondir  sa réflexion, il  effectue un DEA en psychologie sociale à l Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris sur les représentations sociales de la surdité. Cette activité le conduit à effectuer  une saisine du Comité national d’éthique sur les problèmes éthiques soulevés par l’implantation cochléaire des enfants sourds en 1994 ; il rédige alors une plaquette,  Implant cochléaire, problèmes éthiques.

L’épidémie du sida  transforme peu à peu son activité de médecin généraliste vers un investissement dans les pathologies lourdes et l’accompagnement des personnes en fin de vie mais aussi dans  des activités de santé publique et de prévention. Sa pratique devient de plus en plus hospitalière.

Ses deux activités de médecin impliqué contre le sida et de médecin engagé dans la problématique de la surdité se rejoignent avec le suivi des sourds séropositifs ; il s’engage dans une action militante avec le Groupe Sourd de l’association Aides.  Avec cette association, il est l’initiateur de la première consultation en langue des signes en 1995 à l’hôpital de La Salpêtrière à Paris. Cette consultation provoque un retentissement considérable chez  les sourds.  Jean Dagron devient  le premier praticien hospitalier au sein de la première unité de soins en langue des signes en France. Cette expérience est synthétisée dans un livre,  Sourds et soignants, deux mondes, une médecine, paru en 1999, préfacé par la ministre Martine Aubry.

En quelques années, une quinzaine d’unités s’implantent en France avec des soignants signeurs et des professionnels sourds. Ces pratiques innovantes sont décrites dans un nouveau livre, Les silencieux, paru en 2008.

En 2003, après son action à La Salpêtrière, Jean Dagron fut médecin de l’unité d’accueil et de soins pour les sourds au CHU de Marseille. Actuellement, il s’emploie à propager cette belle idée de soins dans sa propre langue, en l’occurrence la langue des signes pour  les sourds. Il participe notamment  à la mise en place de réseaux de soins pour les sourds en Amérique latine, en Uruguay,  et en Afrique, au Cameroun. Dans son dernier livre, paru en septembre 2011, Paroles silencieuses, il délivre un récit évoquant la vie et l’engagement de plusieurs acteurs de ce progrès qui change la vie des sourds dans notre pays. 

Ces trois dernières années, trois opuscules sont produits. En 2013 une interrogation sur les influences concrètes de la surdité dans la vie d'Albert Camus. En 2014, un ouvrage collectif sur la mise en place d'un plaidoyer international pour l'accès aux soins des sourds. En juin 2015, 20 ans de pratiques avec et pour les sourds donnent des pistes pour endre la liberté, l'égalité et la fraternité effectives.

Il n'a pas le droit

Delphine et Linda ont unis leurs efforts pour mettre surpapier ce témoignage. Elle souhaitent garder l'anonymat.

Le plaidoyer

Le plaidoyer en version française et the advocacy en version anglaise est un ouvrage collectif auquel ont participé Herbert Klein médiateur sourd anglais, Martine Dutoit maître de conférences en France, William Salhi médiateur sourd Lille, Joelle Blanchard intemédiatrice Grenoble, Alexis Karacostas psychiatre Paris, Fedhi Behri militant sourd Tunis, Catherine Dixon Handicap International, Elisa Lambiasse médecin Montevideo; Ximena Romero médiatrice sourde Montevideo, Bruno Moncelle et Jean Dagron.